Mourabiti dans l’espace-temps serein et souverain

Paris-Maati kabbal : Au départ il y a le Maqam, haut lieu d’une création multiculturelle dans lequel la musique donne le là à la peinture, la gastronomie aux causeries et auxs débats sur l’art, la pensée, la création poétique ou romanesque.

MOURABITI MohamedAujourd’hui qu’il est devenu un espace de croisement fertile en rencontres et en expériences, Mohamed Mourabiti, le promoteur de ce projet et le maître des lieux, déploie ses ailes hors les murs, sillonant le monde arabe et l’Europe pour exposer et faire connaître la singularité d’Al Maqam. A Paris, après la Jordanie, la Syrie, l’Angleterre, où il entame une résidence artistique à la Cité des Arts, il n’a pas perdu de temps : une exposition vient, en guise de salut l’inscrire dans la dynamique artistique de la ville. ( du 15 avril jusqu’au 7 mai à la Galerie Nobilis, 29, rue Bonaparte 75006)

Al Maqam c’est avant toute chose Tahanaout, lieu nimbé de sérénité et qui a su accueillir et encourager dans le respect l’effervescence du Maqam. Mohamed Mourabiti, de par sa générosité, sa modestie et sa passion pour les arts, les savoirs et la création sous toutes ses formes, a réussi à transformer le Maqam en espace-référence pluriculturel, connu dans les pays arabes et en Europe.

L’implication de Mourabiti dans la mise en œuvre de ce chantier culturel s’explique avant toute chose par son statut de peintre, abordant cet art avec simplicité, sans fioriture académique ni formalisme pédant. Ses gestes sont aimantés par des mouvements secrets qu’il ne refoule ni ne réprime. Libre, non-pressé, il bâtit ses toiles comme on tisse un tapis : en pointillé et dans une temporalité souveraine, n’hésitant pas à laisser en suspens une toile ou tout simplement à la détruire avant d’en recommencer la composition. C’est que la durée, le temps à Al Maqam impriment un autre rythme, d’autres mouvements, moins frénétiques, plus plaisibles et allongés. Aussi l’œuvre de Mourabiti, animée par l’économie d’un minimalisme fonctionnel, finit-elle par dégager un esthétisme singulier du bâti selon le mode des Mâalmine, et dans lequel s’opère l’agencement architectural d’un espace asymétrique enchanteur, similaire à celui de l’architecture de terre. Le peintre reste attentif à cette idée qui veut que tout espace est habité par son esprit. C’est cet part d’invisible que nous donne à voir le travail de Mourabiti ; une magie ensorcelante qui estampille d’une manière forte et singulière son œuvre.

marrakechnews.net

 

Du Mardi 15 avril au mercredi 7 Mai 2008

Galerie NOBILIS
29, reu Bonaparte 75006 Paris +33 (0) 6 46 33 34 / Maroc 212 (0) 61 13 20 05
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