L’association AMRASH organise une Exposition de l’artiste Ahmed El Hayani à l’Espace Souffle - Casablanca
Non classé 15 mai 2009Vernissage le mercredi 20 mai 2009 à 19h00
Ouverture
Ou la face cachée de la lumière
Autour d’un puits de lumière sans fond, et comme si soudain le temps s’était figé, flottent, quasi transparentes, les teintes aériennes de l’arc-en-ciel désarticulé comme autant de fragments de vie en suspension.
C’est d’abord un éclat de lumière éblouissant. La lumière irradie à la surface du tableau en une explosion colorée qui dématérialise l’objet.
Eclair fulgurant, de ce blanc incandescent qui arase les montagnes au zénith.
C’est alors un véritable feu d’artifice. Lames affûtées aux couleurs brûlantes qui dardent leurs traits acérés au-dessus des mondes.
Ahmed El Hayani maîtrise les lois du clair-obscur qu’il inscrit dans une composition aussi vigoureuse que rigoureuse cependant qu’une indéniable touche de fantaisie très personnelle vient rompre l’ordre apparent. L’imaginaire est puissant qui s’immisce et s’impose dans l’image qu’il désarticule et dérange.
L’artiste jongle avec les constituants plastiques ; au gré du moment, mais sans jamais perdre le fil qu’il a dévidé tout au long de ses expériences artistiques, il les organise avec méthode privilégiant ici une harmonie de nuances, là un jeu de valeurs, un embrasement de couleurs chaudes ou au contraire une ambiance à dominante glacée ; ailleurs, par un habile agencement linéaire ou bien un morcellement subtil, il reconstruit la surface dont il déconstruit la planéité ; ailleurs encore, une savante combinaison des principales composantes ré-architecture l’espace dans l’équilibre ténu d’une superposition de plans miroitants.
L’aléatoire n’a de place qu’en apparence dans ce langage artistique aussi soutenu que sophistiqué, aussi réfléchi que spontané mais qui ne laisse au hasard qu’une infime part de liberté. Tout est maîtrise.
Le spectateur se trouve confronté à un geste d’écriture entre mesure et démesure, ampleur et retenue, puissance et fragilité. Quand la fougue le dispute à la réserve. Quand le sensible délite le culturel. Ahmed El Hayani évolue avec la même aisance sur tous les registres qu’il orchestre avec poésie. Alexandrins et vers libres, sonnets ou haïkus rivalisent de séduction autant que de profondeur. L’artiste module et modèle à volonté le dessin de lieux habités de figures suggérées. A chacun ses lectures : mémoires de fantômes, villes indéterminées, espaces redistribués… Au-delà de l’abstraction, au-delà de l’informel, l’œil formule et reconstitue ce qu’il sait, indépendamment de tout discours intellectuel. L’œuvre propage ses résonances sensibles et esthétiques chez tout regardeur quelles que puissent être ses références : un enjeu difficile à atteindre dans le champ de l’art contemporain mais ici résolu.
Chaque tableau est à la fois autonome et lié aux autres ainsi que les lettres de l’alphabet. Ensemble ils écrivent une fiction propre à chacun ; ensemble ils décrivent une atmosphère, ils relisent l’ordre universel. Enluminures captives ou calligraphies libérées évoquent, à travers les âges et les espaces, une histoire parallèle et complémentaire. L’œuvre est duelle. L’œuvre est celle du peintre et du poète.
Entrant dans le tableau, l’analyse nous entraîne dans l’histoire, à la charnière entre Renaissance classique et peinture du XVe siècle. Considérant la composition, elle oppose le linéaire et le pictural en ce sens que la ligne conduit le regard tandis que les masses colorées fondent les objets dans une vision flottante ; la présentation éclatée renforce cette lecture par plans rendue inconfortable par l’incessant aller-retour entre profondeur et surface, accentué par l’important travail sur la lumière du couple clarté-obscurité; l’ensemble génère un trouble entre mouvement et flottement. Selon Wölfflin, l’œuvre vérifie que l’essentiel réside alors, « dans le souffle qui entraîne l’immobile dans le flux du mouvement ». Simultanément, la forme atectonique, autrement dit ouverte, provoque cette liberté originale et personnelle propre à la composition baroque par exemple. Enfin, l’artiste fait sien le principe de l’unité aux prises avec le multiple en un accord indivisible particulièrement abouti.
Certes, nous nous référons dans ces quelques lignes à une approche traditionnelle ethnocentrique (Italie, Grèce, France…) calquée des schémas chronologiques et stylistiques occidentaux dont cependant on sort peu à peu depuis une dizaine d’années avec l’émergence d’une « Histoire des arts » plus globalisée. Or l’engagement artistique de Ahmed El Hayani tend à démontrer, comme l’avait remarqué en son temps Vasari, quel que soit le lieu de sa création, que l’art est avant tout une création individuelle et que, en conséquence, les oeuvres des artistes reflètent les traits stylistiques d’un individu voire d’une école à repérer dans les générations successives suivant le principe spiralaire et transversal qui construit l’humanité.
L’œuvre ici présentée est à la fois une synthèse des sources historiques qui nous façonnent tous quel qu’en soit le degré et l’engagement d’une personne, celle de l’homme, de l’artiste, indépendamment de toute origine hormis celle de l’être humain.
Ahmed El Hayani est de tous les temps, à moins qu’il ne soit hors du temps, comme il est de tous les espaces. Son œuvre est marocaine, comme lui. Son oeuvre est universelle, comme lui. Non pas que l’on doive définir son travail comme inclassable mais bien au contraire sans classification arbitraire ni ethnique. Sans distinction de frontière. Simplement comme faisant partie de l’art d’aujourd’hui. L’œuvre nous est contemporaine avec toute la force des racines qui l’ancrent dans le monde, avec ses hésitations peut-être, son vocabulaire certainement.
On ne le dira pas assez, Ahmed El Hayani est un peintre qui écrit en couleur et en lumière l’espace du monde en mouvement de ce geste généreux qui implique le corps autant que l’esprit.
Et le temps saura inscrire cette œuvre à son palmarès.
Christe Jhélil, Critique d’art
Mai 2009
Espace S o u f f l eRésidence Yasmine, Imm. H, R-C (derrière la mosquée)45 Boulevard Ghandi/Rue Ibn HazemCasablanca. 20370

17 mai 2009 à 12:17
تبارك الله على استادنا
vraiment tu est un artiste de grand calibre
20 mai 2009 à 11:19
salamo 3alaikom
bon courage cher ami et félicitation…
24 mai 2009 à 12:28
On souhaite a notre ami Ahmed El Hayani un parcoure décorer de succès et de continuité…
30 juin 2009 à 11:53
bon courage à mon cousin
31 août 2009 à 16:07
salam alma (agadir) et les femmes d alpha vous passe un bonjour et bon ramadan