Vernissage le vendredi 03 juillet 2009 à 19h

RêUntitled, Zemmouri and co est une exposition « sans titre », par conséquent sans excès imposé au sens. Cette exposition collective, présente pour la première fois à la galerie Rê le travail de Fatiha Zemmouri, plasticienne qui «s’interroge particulièrement sur la mémoire et donc l’identité» selon sa propre formule, au travers de formes (cubes pleins, feuillets fins amalgamés) en céramiques travaillées de façon tout à fait contemporaine. La perspective, ici, des artistes présentés à la galerie Rê pour cet évènement communautaire, serait d’étendre le langage de l’abstraction tout autant que celui de la figuration de manière à transcender ce même langage, afin qu’émerge une approche d’avant-garde - le fil conducteur serait la diversité des talents rejoignant une même vision. Ces artistes de tous bords tentent ainsi un engagement sans concession dans un média toujours revisité. Au-delà d’un historique contraignant, leur volonté est tout à fait libertaire vis-à-vis de l’utilisation des couleurs et de l’organisation de la production des expériences visuelles abordées. Le parti pris de cette exposition Untitledest de laisser le spectateur se départir de tout à priori, pour que le regard devienne sensible à l’extrême, - s’attardant tout autant sur le travail de Fatiha Zemmouri (mezzanine) - faïences brutes et poétiques, jusqu’aux collages de Lorenzo Nasca, en passant par Bouhchichi, Baltzer, Othman, Goulart ou Tyszblat (plus franchement picturaux) et finalement d’approfondir son propre rapport à l’imaginaire - reflet d’une identité libre, réceptive à l’infini.

Fatiha Zemmouri parle de son approche plastique pour préciser encore une fois : «c’est un questionnement mémoire // identité ». Cette réflexion sur l‘identité individuelle et l’identité collective (antagonisme et interférence de l’une vis-à-vis de l’autre) situe ce travail dans un contexte hyper contemporain qui tend, d’une part, à l’homogénéisation des cultures et d’autre part à la stigmatisation, ici précisée, de l’opposition entre tradition et modernité, dualité qui peut révéler l’incompréhension, la violence, l’exclusion. « L’authenticité rime t-elle avec la fidélité aux origines ? La modernité implique t-elle forcément une rupture avec le passé ? L’identité est t-elle figée à jamais, ou bien est-elle au contraire constamment traversée et remise en cause dans un perpétuel rapport à l’autre? ». Il semble que ces schémas relèvent d’une soudaine matérialité qui voile cependant la vie se manifestant par devers le style.

Pour M’barek Bouhchichi, lorsque le spectateur approche la surface de l’œuvre, il peut y reconnaître, au-delà de l’énergie même de la gestuelle, la subtile intégration d’apparitions miniatures, qui seront la remise en cause même du mouvement, pouvant soudain s’effondrer en particules presque « ironiques »… Ces sortes d’empreintes qui ont la force de distraire un mouvement principal et entraînent la vision au gré des différentes lectures picturales, rendent l’expérience de ces œuvres extrêmement active. Travail insistant et subtil, aérien et rocheux, violent et contemporain.

Chez Bilal Chrif, où le mouvement semble taillé à même la couleur, la question cette fois-ci pourrait être: quelle est sa disposition générale, son état d’esprit de départ face à la toile ? Image extérieure rejoignant l’intérieur, pour établir une nouvelle image ? Chaque toile semble questionner sa propre vision. Ses marques, à l’existence répétitive et fugace, rappellent étonnement celles d’un grand peintre nordique, Per Kerkeby, elles donnent à penser sur le peu d’importance d’une origine particulière (géographique) en ouvrant l’universalité d’un regard libre. Le travail de Chrif semble empreint d’une simplicité lumineuse, presque enfantine, faite de jeux d’enfouissement et d’extraction simultanés. Son art serait une réplique de celui de Kerkeby- dans le sens ‘dialogue’- donc réponse pour Chrif et comme Kerkeby l’identifie, c’est-à-dire un art, de peindre en «mettant le nez sur les détails» ?

Les collages de Lorenzo Nasca, aux couleurs intenses, sont à la limite du pop art, en tout cas imprégnées de réminiscences baroques et de la figuration libre. La liberté en effet est ici la notion immédiate qui s’impose. Un monde reconstruit et en même temps éclaté : tracés de cieux, tracés de paysages, formes fulgurantes s’inscrivant dans de vastes aplats mats et où les infimes détails stylisés affirment le sens, sur papier glacé. Songe éveillé d’un poète voyageur contemporain plein d’humour.

L’œuvre de Michel Tyszblat, envisagée par Jean-Luc Chalumeau à l’occasion de la rétrospective de 2005 à la Villa Tamaris, Centre d’art de Toulon, apparaît comme une « synthèse plastique d’éléments inspirés par l’univers urbain et l’industrie.» « Comme Mondrian, Tyszblat ne procède pas par abstraction à partir du réel, mais il inscrit sur sa toile des utopies formelles dont l’observation de son environnement lui a seulement donné de fragiles points de départ. De ces points départ s’élabore son monde, se déployant sans concession, loin justement de toute fragilité initiale ».

Pour Sibylle Baltzer, selon David Ryan, « La notion de fond est capitale dans ces tableaux. Comment les choses peuvent s’élever du, disparaître dans, ou être recouvertes par le fond, devient, au-delà de la composition physique du tableau et de la matière mouvante plutôt que “solide”,une analogie urbaine, architecturale, philosophique. Dans un sens, c’est un écran qui permet aux choses de passer au travers et, momentanément, de se réaliser Un écran qu’elle dispose, elle, ou fait disparaître au gré de son bon vouloir, ou plutôt au gré de l’impact d’éléments qui s’affirmeront ou pas, selon une logique spontanée, éphémère, mettant en exergue ces mêmes éléments, de façon éclatante ».

For Tourya Othman, All my Sculpturs are pure bronze, 4 different metals, copper, iron, aluminium, and zink , mixed together in a equilibrium of volume, depending on the results needed.Once the consistency is obtained and the desired mixture and texture are achieved, then I start my pouring method to create a UNIQUE piece of Art 

For Véra Goulart, When i look at Vera Goulart’s work, i never know if i see her erotic dreams or her dreams.As a good Brazilian, Vera mixes the two gladly and carries us into the infinite of her emotions.But you can not believe the appearance, underneath the explosion of colors, the fineness of her installations, lays a serious reflection upon love and death !!!….L’AMOUR, LA MORT ! Texte Abbas(Photographer, Magnum Agency)

Exposition du 03 juillet au 30 septembre 2009


Résidence Al Andalous III, angle Rues de la Mosquée et Ibn Toumert n°3, Guéliz, 40.000 Marrakech Tel: +212 (0) 524 432258 Fax: +212 (0) 524 432264 GSM: +212 (0) 661 145595

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