Exposition du 16 octobre au 30 novembre 2009

ZOUZAFZOUZAF
«Quand on mentionne l’africanité des artistes d’Essaouira, il faut aussi indiquer leur berbérité. La région sud de la ville est peuplée par les tribus berbères Hada qui possèdent un riche patrimoine culturel bien spécifique avec notamment un vaste répertoire de signes et symboles tout à fait particulier dont l’origine remonte à des milliers d’années.
Ce patrimoine s’est enrichi par l’apport de cultures venant du grand sud au moment où les caravanes affluant du Sahara et des régions africaines traversèrent ces territoires berbères. Ce qui a donné lieu à un métissage des deux cultures qui apparaissent dans les oeuvres de certains artistes amazighs d’Essaouira …
Ils sont pour la plupart issus du monde rural ou des couches populaires et influencés par la culture locale: surtout berbère et arabe. On touche ainsi deux oiseaux d’un même coup, ou plutôt le même oiseau dont les ailes flotteraient d’un coté et de l’autre des deux cultures. Une synthèse exemplaire entre arabité et berbérité, une plate-forme de co-existence entre des types d’expression aussi proches que lointains.
Ce qui prouve que les artistes d’Essaouira sont bien dans leur cohabitation, et que le Maroc dans sa culture comme dans son étendue n’est qu’un seul pays» (extrait du livre d’art édité par la galerie d’art Frédéric Damgard, en 1999 à l’occasion du «Temps du Maroc en France»).
Mohamed Zouzaf fait partie de cette catégorie d’artistes qui se mettent au service de la création artistique. Natif d’Essaouira, en 1955, où il vit et travaille pratiquement retiré dans une profonde affinité spirituelle avec sa ville natale, cet artiste peintre autodidacte passionne par les signes et les symboles qu’il transpose de manière rituelle et immuable depuis de très nombreuses années, sur des peaux en cuir savamment travaillées.
Des symboles qui conjurent les angoisses marquées par la mémoire des signes des bijoux berbères. Son amour pour Essaouira lui donne de l’inspiration : ses remparts où Orson Welles vint tourner son Othello, les vents et les embruns d’une mer omniprésente, les contrastes entre espaces touristiques délimités, souks luxuriants et ruelles étroites de la médina…
«Lorsque l’on regarde attentivement les compositions de Zouzaf, l’on remarque d’emblée une suite de personnages tout droit sorts des hiéroglyphes… et ils sont tellement imbriqués dans un sens, dans un mouvement équilibré qu’ils se transforment miraculeusement en un texte parfaitement lisible», écrivait, en 1994, le poète Mohamed Khaïr-Eddine. 
Evidemment, l’auteur parlait de nos arts plastiques qui continuent à afficher une santé insolente, à travers les œuvres de Mohamed Zouzaf. Celles-ci se préservent en multipliant les renouveaux, les audaces fulgurantes et les remises en question. D’où une vitalité accrue, au fil des saisons. Les œuvres d’art de Zouzaf illustrent pleinement la description et représentent un exemple frappant et rare d’émergence d’une peinture populaire. L’artiste peintre puise naturellement dans la fascinante luminosité du site, la féerie des couleurs et son rythme de vie.
Son exposition en tant qu’artiste professionnel vaut le détour pour ce qu’elle dévoile du dynamisme d’un art en perpétuel renouvellement. Au fait, plusieurs expositions sont à l’actif de ce créateur d’art. Depuis 1984, il organisait déjà des expositions mobiles à Agadir, Essaouira Rabat et Casablanca. Il a également participé à des expositions collectives en Tunisie, en France, en Suède, en Autriche et aux Etats-Unis d’Amérique. De 1993 à 1995, il a exposé dans le cadre d’expositions permanentes en France (Fréjus, Metz) et en Belgique (Bruxelles).
C’est lui qui a mis au point les affiches du célèbre festival des Gnaoua et mis au point CD de ce genre musical.
Mohammed Zouzaf aime se cacher derrière les sculptures exposées partout dans son domicile. Parfois, il parle avec ses travaux. Ses sculptures et ses images sont couvertes avec des signes mystérieux innombrables, inspirées de la tradition des amazighs.
Chaque image raconte une histoire. «On découvre chez cet artiste original des critères et des paramètres scripturaux extrêmement anciens qui sont l’amplitude des premières écritures dont les premiers hommes civilisés se sont servis pour communiquer entre eux et pour mieux analyser leur environnement», notait encore, Mohamed Kaïr-Eddine.
El Mahjoub Rouane

brahim zarkani
chargé de l’action culturelle
tél. 00 212 5 35 62 39 21 fax. 00 212 5 35 62 52 03 / gsm. 00 212 61 16 44 65
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