Reem Al Faisal expose à la Galerie Agora Marrakech
Non classé 17 décembre 2009Vernissage le vendredi 18 décembre 2009 à partir de 18h30
Foules autour de la Ka’ba, corps ou visages, dans un mélange de présence et d’intemporalité… Le hajj est un rendez-vous de l’humanité. « Le but du hajj est de se dépouiller progressivement de son identité pour se placer devant l’absolu » selon Reem Al Faisal. Cette photographe saoudienne va prochainement présenter à la galerie Agora de Marrakech de somptueuses photos de ce moment unique où chacun est mis en face de sa vérité. Occasion aussi de réfléchir sur les conditions de travail d’un photographe musulman aujourd’hui à La Mecque. Comment mettre en images le maelström humain tournoyant autour de la Ka’ba, ces groupes de pèlerins éreintés au terme d’un long voyage, ces vagues aperçues lors de la prière collective. Toutes ces scènes et ces portraits sont rendus en noir et blanc. Car, selon la photographe, davantage de spiritualité s’exprime dans ce contraste élémentaire. Des lignes, des lumières, des ombres qui sont autant de fenêtres vers une invisible Ka’ba ou vers l’absolu. Cette approche, entre reportage et photo d’art, est revendiquée comme telle par l’intéressée qui fait d’Henri Cartier-Bresson, de Ralph Gibson ou de Joseph Sudek ses maîtres.

Reem Al Faisal est une des artistes contemporaines arabo-musulmanes les plus importantes à l’échelle internationale. Elle a déjà exposé plusieurs fois à la galerie Agathe Gaillard, l’une des plus prestigieuses en France dans le domaine de la photo ainsi que dans d’autres espaces très connus. Elle est membre du collectif Edge of Arabia, elle a aussi participé à des rendez-vous internationaux de l’art contemporain comme la Biennale de Venise, Route I et II, Ré-orientations, etc…
« Je crois que l’art est sacré, dit-elle. Je ne crois pas à l’art pour l’art. Ce n’est pas, de mon point de vue, l’objet qui compte. Je m’oppose en cela à toutes les conceptions qui se sont développées en Occident depuis la Renaissance. Ce qui vaut, pour moi, c’est de voir comment son travail transforme l’artiste. »
9 avenue Mansour Dahbi Résidence JaâfarGuéliz (derrière l’hôtel Agdal) . Tél: 0661 462 422 ou 0661 163 639
31 décembre 2009 à 11:47
J’ai toujours été touché par la photographie de Reem Al Faisal. Elle ne montre pas, elle donne à voir sans s’exhiber. Je la considère comme certains grands artistes si présents derrière leurs pinceaux, elle, sa sensibilité à fleur de peau qui appelle l’acuité de son regard toujours en éveil, toujours présent.
Mise à part la lumière qui émane de ses foules autour de Kaba et qui montre comme l’identité de chacun disparaît lors de l’unicité de l’élévation, ses photos me rappelleraient d’une part les “droppings” de Jockson Pollok, mais bien organisés et d’autre part, la peinture Hollandaise, non ici dans son écriture, mais dans le choix de “la scène de genre”.
Je la remercie de me faire part de ses expositions à Paris auxquelles je me rendrai avec un grand plaisir et merci à la Galerie Agora de présenter des artistes si engagés dans leur art.