Mohamed Rais El Fenni n’est un nom qui passe inaperçu dans le domaine de l’art plastique. Né en 1950 à Fès, ce plasticien autodidactique s’est installé à Tanger depuis 1962. El Fenni passe son temps entre son atelier et sa galerie.
Ces doigts magiques décryptent les hommes et les femmes de la Médina, et son pinceau trace les ruelles pleines de vie et de joie. Parcours d’un artiste bourré de talent et de passion.

- Mohamed Raiss El Fenni est un artiste né dans un entourage artistique, comment cela a pu influencé ses œuvres ?

Il est tout à fait normal d’être influencé par mon environnement familial Fassi, car la vie est une inspiration. Comme on dit « l’artiste est le fils de son entourage » ; mon père et mon oncle était artisans, et c’est ainsi que j’appris, depuis mon jeune âge, les premières leçons et les astuces de ce métier par le biais de mon père. Cela m’a énormément aidé à bien choisir les couleurs, les matières et les tissus.
- Vous partagez votre passion entre l’art plastique, le décor et le design. Quel est le point commun entre ces trois branches ?
Le point commun est la conscience artistique que j’ai acquis, ainsi que ma volonté de m’exprimer et de faire savoir mes sentiments à autrui.
- La femme est omniprésente dans vos œuvres, comment justifiez vous ceci ?
Il est vrai que la présence de la femme est remarquable, non seulement dans mes œuvres, mais aussi dans mes designs féminins et masculins, ce ci s’explique par le fait que la femme m’inspire beaucoup d’émotions : la fidélité, le sacrifice et la tolérance. Et je ne pouvais avoir cette conscience que grâce à trois femmes qui ont joué un grand rôle dans ma vie : ma femme, ma mère et ma grand-mère. Cependant, la présentation de la femme est vague et symbolique, tout en respectant la femme et son rôle humanitaire.
- La vie de Mohamed Rais El Fenni est partagé entre deux périodes : enfance à Fès, et carrière à Tanger, comment ces deux périodes sont-elles vécues et comment ont-elles influencé le parcours d’El Fenni ?
Fès est la capitale culturelle et spirituelle, et Tanger est le portail du Maroc, le mélange de ces deux cultures m’a offert une formation très riche. Ces deux périodes m’ont beaucoup marqué, car j’ai pu décelé la beauté de l’histoire marocaine et musulmane à Fès. A Tanger, j’ai été marqué par ses espaces donnant sur la méditerranée et l’Atlantique. Le mariage entre les deux villes a donné naissance à mes œuvres.
- Depuis 1970, Mohammed Raiss El Fenni passe son temps entre la galerie Volubilis et la salle d’exposition à la Kasbah, comment gérez vous votre temps ?
A côté du rôle de ma mère et celui de ma grand-mère, il faut avouer que l’assistance de mon épouse m’a beaucoup aidé, elle est toujours présente à mes côtés pour m’encourager et pousser à créer. C’est elle qui s’occupe du management de la salle de la Kasbah (il était au départ un four traditionnel, je l’ai acheté et réaménagé), ce qui m’a permis de me consacrer à l’art et à la création.
- Vous vous concentrez, dans vos œuvres, sur des moments exceptionnels de la vie quotidienne que vous déchiffrer pour leur donnez une nouvelle naissance par vos couleurs vivantes et variées, comment faites vous le choix des couleurs ?
Je ne choisis pas les couleurs, je mène une vie dans mes œuvres et toiles. Mon objectif était, dès le départ, d’exprimer mes émotions et de monter notre culture aux autres, cette culture mixte ; à la fois amazigh, musulmane, arabe, andalouse,
africaine, méditerranéenne….
- Vos collections connaissent un succès incontournable en Europe, pensez vous que la culture artistique chez les marocains du monde commence à se faire dévoiler ?
Je dessine pour l’être humain là où qu’il soit, au Maroc et partout dans le monde. Je travaille avec passion et conviction de ce que je fais et je suis très ému que mes œuvres aient fait un succès, cela fait plaisir.
- Quelles sont les personnes et les visages les plus présents dans vos œuvres ?
Outre ma mère, mon épouse et ma grand-mère, mes personnages se varient entre Ibn Batouta, Abdelkarim El Kattabi, passant par Micheal Jakson, et arrivant jusqu’à Mahatma Ghandi et bien d’autres….

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