La magie d’Abderrahmane Ouardane opère par l’abstraction issue de la décomposition solaire des paysages et des lumières de son pays. Il se place en digne continuateur de la tradition méditerranéenne du vingtième siècle français, des couleurs sublimées de Cézanne et de l’éclatement des formes si cher à Picasso.
Sa différence est puisée dans ses racines : des céramiques marocaines aux tissus, en passant par l’ineffable du henné. Le résultat est une œuvre porteuse de la puissance du désert lavée par les vagues de la mer, une abstraction lyrique qui préserve l’espace du rêve.
« Les paysages dissous dans la couleur, la couleur dissoute dans la lumière, la lumière rendue à la matière »
On dit de lui qu’il aime « capter les traces indélébiles de la mémoire, vouées à l’effacement, en revisitant les espaces perdus entre l’oubli et la réminiscence ». L’exploration de ce territoire de la limite est une autre de ses particularités. Il nous emmène dans un endroit où, seule notre âme décide du chemin à prendre et du sens à donner aux tableaux qu’il nous livre. Parfois une femme, parfois une lettre. Le reste est trait de lumière. On sort grandi de cette expérience, comme d’une retraite dans les dunes du Sud marocain.
Ouardane ne déroge pas à la règle des cavaliers du désert : une indomptable fidélité. Présent depuis trente ans dans le paysage artistique marocain et international, il a su garder une personnalité forte, indépendante et fidèle à ses convictions esthétiques.
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