Exposition Drissia Aouididden expose “couleurs terre…” à la galerie Mohamed Drissi, Tanger
Non classé 2 commentaires »Du 5 au 30 janvier 2012

Drissia Aouididden est née au Maroc le 5 Juillet 1949, à Fes, la célèbre cité impériale.
Installée de longue date sur la côte atlantique marocaine, à la croisée des chemins, pour nourrir sa passion pour la peinture. Une passion qu’elle se découvre enfant.
Drissia Aouididden joue comme jouent les artistes : en refusant le cadre formel forgé par des générations d’enfants, en sortant des sentiers battus et en libérant son imagination.
Une enfance créative, parfois solitaire mais néanmoins constructive d’une personnalité ayant la douceur d’une force insoupçonnée et dévastatrice.
Après le collège, Drissia Aouididden est déterminée. Elle sait ce qu’elle veut faire de sa vie et donne les moyens à l’autodidacte qu’elle était de s’ouvrir à autre chose. En dépit de sa jeunesse, elle se défait de son enracinement et rejoint le lycée Al Khansa de Casablanca où elle intègre l’unique section marocaine des arts appliqués . Ce premier choix est essentiel car il entame un cursus auquel seule une certaine élite marocaine avait accès. Après son baccalauréat en arts appliquées, Drissia Aouididden se voit ouvrir les portes d’une deuxième section singulière au Maroc, le Centre Pédagogique de Rabat. La voici alors Professeur d’art plastique en 1973. L’année 1985 marque son retour sur les bancs de la formation, ceux du cycle spécial, comme le signe d’une envie d’affiner ses savoir-faire et de se spécialiser davantage. Elle disséminera ses connaissances et sa sensibilité artistique à Settat, Kénitra principalement au sein du Premier Lycée Militaire Royal du Maroc.
Bien qu’ayant bénéficié d’un enseignement spécifique, Drissia Aouididden est un électron libre. Ses élans artistiques n’ont pas été domptés par le cursus de formation suivi, bien au contraire, celui-ci les a nourri. Une artiste dont la carrière est le produit d’un entêtement tenace, forgé dans la pudeur et la solitude créatives, puis exposé aux yeux du monde.
Sa personnalité empreinte d’art s’épanouie au contact de l’univers pictural. Drissia Aouididden se cherche puis se trouve voire se retrouve dans une confusion de mouvements et de couleurs.
Ces lignes et leurs traînées de couleurs renvoient à un mouvement tantôt lent, tantôt hâtif, sujet au déterminisme de l’artiste ou à son humeur perméable aux aléas. Un mouvement qui fait surgir la tourmente de son havre de paix.
Son travail atteint aujourd’hui sa maturité sans qu’elle en soit réellement une : L’artiste travaille sans discontinuités, et les fractures ouvertes que nous semblons entrevoir sur ses toiles sont à l’image de sa pensée artistique. Elle vogue de boucle en boucle en empruntant des passerelles d’évolution.
Son travail parle de lui-même, elle en signe l’invitation généreuse, sans vouloir trop en dire car elle se fait messagère de l’imaginaire. Son art est abstrait car pour elle, cette abstraction soulage son âme d’artiste et s’enrichit en permanence du regard de l’autre. L’abstraction donne à la toile autant de vies qu’elle croisera de regards.
Ses toiles épongent les ardeurs terrestres faites de tensions et de résistances, de fractures qui rompent le cycle pour faire place à une paisible sérénité. Drissia Aouididden ne peint pas pour se purger, elle-même, d’un mal être. Elle exprime dans ses explosions, ses lacs de lave bouillonnante, ses déserts plats, ses montagnes aux versants abrupts, une angoisse, une peur, le bonheur d’un sentiment maîtrisé, d’une phobie contenue, sans référence au bien et au mal, mais plutôt comme le fidèle reflet des mondes.
Ces contrastes, cette guerre des mondes, ces forces antagonistes contrebalancés par une harmonie de couleurs que dépeint l’artiste comme pour adoucir la fracture qu’elle expose, sont l’expression de sa signature. Une signature reflet de son caractère, qui ne craint pas de trancher dans le vif.
Sa personnalité subversive explique ses choix artistiques. Sans aller jusqu’à l’arrogante provocation, elle renverse l’ordre établi dans le jeune contexte artistique marocain qui, en privilégiant l’art figuratif, cloisonne l’échange dans une forme artistique peu permissive, limitative et bridé. En effet, l’artiste s’est affranchie de ces codes, refusant toute forme d’aliénation artistique, pour aborder son monde à travers un voile aux frontières du psychédélique.
Samia AIT TKASSIT
Sociologue
Février 2009


Ce titre évoque de façon explicite les couleurs de la terre en considérant ses multiples facettes, tous les aspects qu’elle peut prendre lorsqu’elle exprime sa douce quiétude ou sa terrible colère. Notre terre est belle et généreuse mais elle peut devenir tsunami, séisme, irruption volcanique ou encore ouragan…
Une artiste libre… Insoumise à l’ordre établi au sein du jeune contexte artistique marocain, affranchie des normes peu permissives, limitatives et bridées, qui l’encombrent. Sa créativité n’a de limite que sa pudeur, nourrie de l’alliance d’une retenue mesurée et d’un don de soi immodéré, elle ne saurait résister au plaisir de s’offrir aux yeux du monde.
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