Exposition de Bachir Ben Allal à la Galerie d’Art Lawrence - Arnott

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Exposition du 28 mai - 1 juin 2011

Génie Intergénérationnel, l’art de Bachir Ben Allal
L’un des phénomènes artistiques les plus rares et les plus remarquables est l’apparition de ce que l’on pourrait appeler “le génie intergénérationnel”! À ne pas confondre avec un phénomène beaucoup plus commun, le même désir de peindre chez des générations successives, avec par exemple un fils qui souhaite apprendre les techniques et les styles de son père et qui les reproduit servilement. Comme exemples de peintres faisant des “pastiches héréditaires”, on peut citer les cas d’Abdelkadir, Abdelmalek et Ahmed R’Bati, les fils de Mohamed Ben Ali R’Bati (1861-1939), qui possédaient dans une certaine mesure la faculté de produire des imitations du travail de leur père de piètre qualité. Nous pensons plutôt à des peintres comme Orazio, Francesco et Marco Vecelli, respectivement fils, frère et cousin du Titien (1477-1576), qui tous étaient indépendemment de grands peintres, et dont les œuvres ont souvent été directement attribuées au maître ; ou à Jacopo Bellini (1400-1470) et à ses fils Gentile (1429-1507) et Giovanni (1430-1516). Une telle continuité ininterrompue de génie dans une famille est extrêmement rare, mais elle est manifeste dans le travail de Bachir Ben Allal, qui est le digne successeur du génie de son père. Telle est l’affinité des peintures du père et du fils qu’elles semblent être inspirées par la même muse, le produit d’un même génie partagé, en fait, le travail des mêmes cœur, âme, main.
Que Mohamed Ben Allal (1924-1995) ait été l’un des plus grands peintres marocains du XXe siècle est indéniable. Ses œuvres apparaissent régulièrement lors de ventes aux enchères et atteignent des centaines de milliers de dirhams.  EIles sont représentées dans presques toutes les grandes collections institutionnelles et admirées par de nombreux critiques comme des exemples exceptionnels d’art naïf marocain. Cela étant, que peut-on dire de l’œuvre de son fils Bachir ? Elle est superlative, un seul concerto conduit par des compositeurs parents, sans faute dans le tempo ou l’interprétation, une seule inspiration donnée par Dieu à deux personnes dans la même mesure, pour nous rappeler qu’il est la seule vraie origine de toute chose, et que l’artiste n’est que le simple animateur de ses énergies.
Le rêve de Bachir donne vie à un Maroc intemporel, le Maroc des communautés paysannes éloignées de la décadence de Marrakech, du capitalisme convulsif de Casablanca ou des fastidieuses prétensions intellectuelles de Fès. Il peint une terre dominée par des casbahs et des villages aux murs de boue, regorgeant de palmiers ployant sous le poids des dattes charnues et succulentes, des montagnes immaculées qui ne sont pas encore jonchées de bouteilles de Coca-Cola en plastique, et des amandiers couverts de la neige de leurs floraisons. Ce sont les paysages parfaits et parfumés d’un monde édénique sans souci dans lequel on ne peut broyer du noir ‘ET IN ARCADIA EGO’ l’obsession des thèmes pastoraux traditionnels européens.
Dans “LA HARIRA DU RAMADAN”, un groupe de paysans rassemblés dans la cour aux murs de boue d’une banale maison de village, attendent anxieusement le coucher du soleil et la rupture de leur long jeûne de tout le jour. Ils portent les vêtements simples des tribus de l’Atlas, d’épais manteaux montagnards de laine, des tissus simples et élégants, teints avec des couleurs naturelles extraites des minéraux ou des plantes. Une femme est accroupie devant une table rustique en bois où sont placés des bols en faïence bon marché remplis de harira rougie par la tomate, le met traditionnel préféré pendant le Ramadan ; une louche à la main, elle est prête à puiser dans un récipient qui frémit sur un fourneau à charbon en terre, pour remplir de nouveau les bols. Qu’est-ce qui pourrait être plus typiquement marocain, ou plus apte à exprimer la culture, la religion et la simplicité du mode de vie des communautés campagnardes, que cette rhapsodie harmonieusement exécutée dans une palette aux teintes douces d’ocre et de terre de Sienne brûlée, d’un frais vert menthe, de mauves et de rouge fraise. Les couleurs mêmes qui sont enracinées dans la végétation clairsemée de la montagne et les verdoyants pâturages fleuris des vallées cachées.
Ben Allal tire son inspiration artistique dans les thèmes prosaïques d’une société paysannes, celle qui représente un aspect de la culture marocaine qui se désintègre sous nos yeux. Dans “LE BÂTON SOUFFLEUR” un iman enturbanné est assis en tailleur devant une classe de garçons tenant leurs tablettes en bois sur lesquelles ils ont inscrit des versets du Coran. Il bat la mesure avec son bâton, encourageant l’intonation chantante des sourates, mais doit être tout aussi capable d’en frapper son élève le plus terne. Et quelle attention au détail anthropologique, des babouches Marrakechi en cuir jaune d’un élève, aux articles grossiers en terre des tribus montagnardes décorés de motifs noirs de style punique, à la décoration géométrique de la salle de classe, au tapis de prière en raphia du professeur, roulé serré en attendant d’être utilisé.
Ce monde Shangri-La, né de l’imagination de Bachir Ben Allal, n’admet rien de la  modernité ! Il n’a pas entendu parler ni n’a fait l’expérience des ravages de la mondialisation, mais existe dans un état de pureté culturelle et de simplicité. Il s’agit, bien sûr, pour l’essentiel, d’un mensonge ! Même dans le Haut-Atlas, les gens boivent du Coca-Cola et vissent d’horribles paraboles sur leur toit et aux murs de leur jardin. Les jeunes gens portent jeans et tee-shirts, et les sacs de plastique noir sont au moins aussi banals que les panniers traditionnels en raphia. Mais cette falsification, ce refus délibéré de ce qui est, tout en essayant d’enregistrer ce qui n’est plus, imprègne le travail de l’artiste de la vérité hautement personnalisée d’une période marocaine ancestrale rêvée. Ben Allal bannit même le serpent de son paradis. C’est toujours l’été. Il est toujours midi. Les moissons sont abondantes, et les paysans mènent de joyeuses vies. La pauvreté, la saleté, la famine, la maladie, le manque d’eau courante et d’électricité concernent, après tout, les apprentis politiciens faisant de l’auto-promotion et non les artistes. L’esthétique n’a rien à voir avec l’éthique politique!
Le meilleur art naïf, le plus vrai et le plus satisfaisant émotionnellement, est invariablement enfantin. Il est très éloigné de la malhonnêteté essentielle d’un réalisme de Polaroïde, avec son obsession pathologique de la perspective et des volumes, et sa dépendance des truquages d’habiles trompe-l’œil. Dans “LA JOURNÉE DES PAYSANS” Ben Allal n’est pas concerné par une représentation exacte des paysannes occupées à des tâches pénibles qui leurs courbent le dos, ou de leurs maris en train de transpirer alors qu’ils travaillent dans les champs; il souhaite exprimer la joie essentielle que les gens les plus humbles peuvent éprouver dans les occupations les plus banales et les plus fatigantes, en particulier lorsqu’elles sont accomplies par une communautés donnée pour son bien-être physique et spirituel. Ceci n’est certainement pas de “l’art politique” ! Il ne cherche pas à exalter le travailleur socialiste comme rouage d’un état sans âme, mais il affirme une vérité bien plus profonde, que le travail annoblit toujours quand il est entrepris dans la joie. Nous ne devons pas oublier que même dans le Jardin de l’Eden, Dieu destinait Adam et Ève à agir comme gardiens de Sa création !
La passion de Bachir Ben Allal pour sa culture d’origine est la marque de ses peintures. Elles sont toutes, sans exception, profondément enracinées dans le savoir-faire et les traditions des artisans marocains. Nous le voyons tout à fait clairement dans “LE COFFRET À BIJOUX” ; le premier plan est dominé par une boîte en bois peinte et recouverte de motifs géométriques berbères éblouissants, et l’arrière-plan par deux portes sculptées et peintes qui ouvrent sur un salon ou trône une banquette recouverte de tissu traditionnel richement brodé, et au-dessus de laquelle est suspendu un élégant poignard de cérémonie orné de pierreries. La porte à deux battants est gardée par d’humbles pots de terre, enrichis de dessins géométriques noirs, derivés de l’ancienne civilisation punique de Carthage, et un sac de selle brodé à l’aiguille est accroché au mur. Il s’agit d’un intérieur xénophobe, une pure distillation de ce qui est typiquement marocain, une transmission à travers la peinture et la toile de formes artistiques et de valeurs culturelles maghrébines.
Comment peut-on évaluer le travail de Bachir Ben Allal ? Il est certain qu’il est un maître peintre. Le nier serait nier le génie indubitable de son père, Mohamed Ben Allal (1928-1995), dont le travail l’a si profondément influencé. Il pourrait exister une poignée de gens qui, ne connaissant ni l’art ni l’histoire de l’art,  l’accuseraient de faire des pastiches ; non seulement ce ne serait pas généreux, mais ce serait entièrement faux, car ses tableaux n’ont rien d’une “copie de second ordre” ou d’une “imitation bon marché”. La technique mécanique de l’exécution doit beaucoup au père, mais l’inspiration intellectuelle, qui est l’essence du principe créateur, appartient entièrement au fils !
Bachir Ben Allal a déjà exposé avec un succès public considérable lors de diverses Biennales. La présente exposition à la Galerie d’Art Lawrence-Arnott de Marrakech ne peut que renforcer sa prétention à être l’un des plus talentueux des peintres naïfs marocains contemporains.
Andrew Clandermond & Dr. Terence MacCarthy
Critiques d’Art
20 mai 2011

Contact: Philippe Arnott & John Lawrence
Immeuble El Khalil (face Gendarmerie Royale)
Avenue Hassan II 40000 Marrakech
Tel: +212 5 24 43 04 99
Fax: +212 5 24 43 05 00

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El Mustapha Belyasmine expose à la Galerie d’Art Lawrence - Arnott à Marrakech

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Vernissage le samedi 26 février 2011 de 19h à 21h

Le superbe nèo-expressionnisme de Belyassmine

El Mustapha Belyasmine, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Tétouan, est l’un des peintres marocains les plus doués de sa génération. Ses toiles étonnantes offrent une fusion radicale d’éléments d’impressionnisme traditionnel, de néo-expressionnisme, et même de réalisme, le tout métamorphosé par son immense génie de coloriste et de maître plasticien. Sa technique tout à fait personnelle capture le mouvement  de telle façon que, dans ses scènes de foules, par exemple, il ne se contente pas de peindre un moment dans le temps, mais un “glissement de temps” d’une milliseconde, saisissant le mouvement des personnages, de la lumière et de l’ombre, et du miroitement de la chaleur.
Au moyen des médias inertes que sont ses pinceaux, ses peintures et ses toiles, il n’essaye pas d’évoquer une immobilité photographique, mais cherche plutôt à représenter la qualité cinématique de ce qu’il a observé. Dans DOS DE FATIMAHS, une composition fauviste promptement exécutée, il ne s’efforce pas seulement de représenter les drapés des caftans de ses sujets et la qualité des tissus, mais par des coups de pinceaux rapides et exécutés avec parcimonie sur les hanches, le derrière, les épaules et les bras, il insuffle un sens réel d’énergie cinétique. Il ne s’agit pas d’une peinture sèchement académique, une étude de robes ethniques achetées au bazar, exécutée par un Orientaliste médiocre et sans aucun sens de la réalité ; sa toile est au contraire imprégnée d’un sens réel de l’endroit, du temps, de la culture, de la quintessence d’une marocanité à laquelle on ne peut échapper.

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L’artiste Abdelfattah Karmane expose à La galerie d’art Lawrence-Arnott, Marrakech

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Vernissage le Mardi 30 décembre 2008 à 19h00

Karmane ou la perfection du trait

karmaneIl est des destinées bizarres, des cheminements curieux dans la vie d’un homme, qui ne laissent de surprendre. C’est effectivement l’impression première qui nous anime en écoutant Abdelfattah Karmane retracer lentement le fil de sa vie. Doué d’un talent certain et auteur d’une oeuvre remarquable à tous points de vue, on imagine mal que Karmane ne soit pas le lauréat d’une école des Beaux-Arts de grande renommée. Très vite, on comprendra que, Si il ne fut pas le cas, c’est tout simplement parce que ces structures de formation n’existaient pas dans sa ville.

C’est à Sidi Slimane, au coeur d’une des régions rurales les plus riches du Maroc que Karmane fait ses premiers pas. Puîné des garçons dans une famille de six enfants, il montre très tôt un penchant pour les arts picturaux. Loin de réprimer le don artistique de son jeune fils, le père d’Abdelfattah, un militaire de carrière, l’encourage en lui fouruissant les outils et matériels nécessaires à la réalisation de ses peintures. A aucun moment en effet, Karmane ne souffrira d’une contrainte quelconque de la part de son entourage ou de ses professeurs. Au contraire. Comme Si tout le monde devinait le talent qui commençait à s’exprimer à travers ses productions, le jeune artiste a bénéficié d’une bienveillance générale ce qui, en soi, est déjà extraordinaire quand on vit à Sidi Slimane. Mieux encore, c’est dans sa ville natale qu’il commence véritablement la recherche en peinture avec des essais sur la matière et les variations sur les thèmes. En bref, une des caractéristiques du cheminement de Karmane est qu’un artiste-peintre est né et a évolué dans un environnement où l’art pictural n’existe pas.

Exposition du 30 décembre au 18 janvier 2009

Galerie Lawrence-Arnott - Immeuble El Khalil (face Gendarmerie Royale), avenue Hassan II, Guéliz, Marrakech 
Tél. : 00 212 (0) 44 43 04 99

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