Transparences exposition de Yasmina Ziyat à la Galerie Rê - Marrakech
Non classé Pas de commentaires »Vernissage le vendredi 17 février 2012 à 19h00
Cette exposition présente le travail récent de Yasmina Ziyat en nous faisant découvrir des “paysages” entrevus à travers des voiles qui recouvrent une partie des pièces.
Tous les travaux de Yasmina sont des œuvres abstraites utilisant très peu de couleurs, principalement du gris, du noir, du blanc et du bleu. Sa démarche est fondée sur la pratique de la “déconstruction”puisqu’elle utilise, pour créer ses paysages, une multitude de matériaux usés, fragmentés et raccordés par des bouts de tissus eux-mêmes déchirés et troués. Ses œuvres font naître des assemblages mosaïqués et hétéroclites proches des
fantastiques paysages sous-marins décrits par Jules Verne dans Vingt mille lieues sous les mers : les matériaux utilisés flottent nonchalamment dans l’espace, s’agglutinent à des pierres d’alun, sont cousus de fils de nylon ou tissés dans des armatures grillagées qui font penser à des toiles d’araignées.
Les œuvres abstraites de cette exposition proposent des ”intérieurs” minimalistes qui se rattachent au principe essentiel de l’architecte Mies Van der Rohe formulé dans Less is more : “le minimalisme définit une forme d’art qui se caractérise par un travail dans les trois dimensions et qui ne se réduit ni à la peinture ni à la sculpture”. Les oeuvres de Yasmina illustrent cette tendance minimaliste : comme le ferait un peintre utilisant plusieurs couches de peinture sur sa toile, elle superpose tissus et autres matériaux fragmentaires, ce qui contribue à transformer le champ de vision. De même, le cadre, chez elle, n’est pas seulement un support fonctionnel puisqu’ il sert d’attache aux multiples petites sculptures de pierre ou de fil de fer qu’elle met en scène.
Ceci dit, les œuvres de Yasmina se rattachent plus encore au Matiérisme qui appartient à l’art informel européen initié par Antoni tapies et Alberto Burri, et qui privilégie principalement la matière. Burri, l’un des artistes italiens les plus importants de la deuxième moitié du vingtième siècle, utilise peu de couleurs dans ses travaux et, par exemple, recompose des sacs en toile de jute préalablement raclés, déchirés et plongés dans de la colle pour, ensuite, les recouvrir de linges usés et troués. C’est dans le même esprit que Yasmina travaille ses différents matériaux : fils de fer usés, papiers, tissus déchirés, morceaux de fils électriques, pierres d’alun … Comme Burri ou Tapies, Yasmina est une vraie “matériologue” qui, dans ses paysages faits de transparences, s’applique systématiquement à explorer les potentialités infinies de la matière.
Lucien viola
Expositions du 17 février au 31 mars 2012
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C’est toujours dans l’esprit de promouvoir la création de jeunes artistes talentueux, que nous poursuivons depuis l’ouverture de la galerie en 2006, que la galerie Rê inaugure à l’ouverture de cette saison l’exposition 4Nord, avec 4 jeunes artistes de Tétouan, peintres et sculpteurs, Youssef Raihani, Tarik Farssi, Bilal Chrif, et Abdeljalil Saouli.
Ce jeune peintre du nord du Maroc revient à la Galerie Rê pour sa deuxième exposition personnelle. Il nous livre une abstraction gestuelle à base de lignes dessinant des espaces dynamiques. Ajoutant de la couleur à ses gris, il revisite ses principes de structures auto-imposées. A la fois robustes et raffinées, les toiles de Chrif révèlent une recherche d’équilibre presque musical. La narration abstraite de chaque toile peut faire songer à des artistes ayant marqué notre inconscient collectif, tel un Basquiat ou plus contemporain, un Christopher Wool. Moyens et petits formats pleins d’énergie et de ponctuation lyrique.

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